Ce duplex de 118 m² est né d’une opération commando dans les combles. L’immeuble, lui, date de 1924 – autant dire qu’il a quelques histoires à raconter – mais son dernier étage a été entièrement métamorphosé il y a quelques années, puis annexé à l’appartement du dessous. Résultat : cinq pièces qui se baladent désormais sur deux niveaux, façon mini-maison perchée sous les toits.



Ce vaste séjour s’ouvre sur une cheminée en pierre qui ose encore chauffer la pièce en hiver, comme un brasier indomptable au milieu du salon. Une rosace en stuc trône au plafond, vestige assumé d’un charme un peu théâtral, tandis qu’une grande
fenêtre à trois vantaux inonde l’espace d’une lumière presque insolente. Les murs, peints dans des tons bruns et mauves franchement inattendus, réchauffent cette grande pièce sans demander la permission. Un escalier laqué noir, dramatique à souhait, mène à l’étage comme une invitation à prendre de la hauteur. Le parquet en chêne traverse l’appartement d’un seul élan et impose son allure en unifiant toutes les pièces de ce niveau.











La baignoire rétro trône dans la salle de bain de l’étage comme un manifeste anti-standard, une claque au tout-blanc sans âme qui sévit dans tant d’appartements « contemporains ». Ici, on ose le caractère, surtout à l’étage, et tant pis pour les adeptes du neutre qui ne jurent que par le minimalisme tiède. Les propriétaires ont refusé de massacrer le charme du lieu : moulures, rosaces, cheminée, poutres de charpente… rien n’a été lissé, tout a été assumé, révélé, presque revendiqué. Et pour achever de bousculer les codes du duplex urbain, la terrasse s’impose comme un pied de nez à la vie en cage : un extérieur pleinement vécu, été comme hiver, en plein cœur de la ville.

Source Alvhem



