Cet appartement abrite deux de ces poêles en faïence suédois, véritables manifestes d’une architecture domestique scandinave du 19e siècle que l’on s’obstine trop souvent à aseptiser. Leur principe est brutal de simplicité : une masse de céramique chauffée au bois, qui emmagasine la chaleur pour mieux la restituer des heures durant, sans artifice ni gadget high-tech. En Suède, on en recense encore des dizaines de milliers dans les vieux appartements des grandes villes, témoins têtus d’un savoir-faire intelligent. Et pourtant, combien ont été lâchement condamnés ou réduits au rang de bibelots décoratifs lors des rénovations standardisées des années 1970-1990 ? Une véritable hérésie esthétique et énergétique.

Ici, le choix des couleurs n’est pas une option sage, c’est un parti pris radical. Le salon est plongé dans un terracotta profond qui avale les quatre murs, sans échappatoire. Confronté au parquet en larges lames brutes, au canapé vert sauge assumé et au tapis kilim géométrique qui en impose, l’ensemble crée une atmosphère brûlante, décontractée, presque insolente. Les tableaux anciens, serrés en grappe dans leurs cadres dorés, n’ornent pas seulement les murs : ils les revendiquent.












source Alvhem



